Citation(s) du jour : renseignement militaire et guerre de Sécession

Dennis_Hart_Mahan

D.H Mahan

« Il n’y a pas de devoir plus important pour un officier que celui de collecter et de mettre en forme les informations sur lesquelles tant leur général que les opérations quotidiennes d’une campagne doivent s’appuyer ». 

Jomini

A. Jomini

Voilà ce que D. H Mahan, père du célèbre amiral Alfred Mahan et professeur à l’Académie militaire de West Point de 1824 à 1871, expliquait à ses étudiants, qui formeront la grande majorité des officiers généraux de la guerre de Sécession. Son enseignement était fondé sur le principal exégète et abréviateur de la pensée militaire napoléonienne, Antoine Jomini, lequel professait simplement : « Comment un homme peut dire ce qu’il devrait faire lui-même s’il est ignorant de ce que fait son adversaire ? » 

Grant-1863

U.S Grant

Lee

R.E Lee

Cette question du renseignement militaire, centrale et parfois sous-estimée, chaque général en charge devait cependant l’approcher différemment. Le général R.E Lee en avait fait, fruit de son expérience personnelle au Mexique, une pierre angulaire de son systême de commandement : s’éclairer toujours, au plus près, personnellement si possible – en pratique via les yeux d’éclaireurs discrets ou ceux des cavaliers de JEB Stuart ou de John Mosby – et surtout ne jamais se laisser impressionner par la rumeur. Qu’en est-il de son grand rival et vainqueur du Nord, Ulysses S. Grant ? Le général W. T. Sherman, son ami et principal lieutenant en 1864-65, discutant de leurs qualités de commandement respectives expliquait  simplement : « Je vais vous dire en quoi il me bat et en quoi il bat tout le monde : il se fiche comme d’une guigne de ce que l’ennemi fait hors de sa vue alors que ça m’effraie comme l’enfer ! » 

Grant secret serviceEst-ce si simple ? Bien sûr que non. Dans ce domaine comme dans d’autres, la guerre de Sécession aura même marqué une évolution notable dans l’appréhension et l’organisation du renseignement militaire, qu’il soit « ouvert » ou clandestin, via les services secrets et même, guerre civile oblige, la collaboration active des partisans de « l’autre section » (‘Belle Boyd’ et consorts).  C’est en tout cas l’objet d’un ouvrage pas tout à fait nouveau mais passionnant de W.B Feis, professeur à l’université de l’Iowa, Grant Secret Service, the intelligence war from Belmont to Appomattox (Presses Universitaires du Nebraska, 2002).

Je m’y replonge de ce pas (Avec des remerciements particuliers à Laurent Henninger pour cette découverte ainsi que beaucoup, beaucoup d’autres !)

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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