L’espèce des Kurnass !

Il fut un temps (que les moins de quarante ans…) où les forces aériennes israéliennes, triomphantes en 1967 lors de la guerre des Six jours sur des Jets français, basculèrent en grande partie sur des machines américaines.

Charles de Gaulle avait alors décidé de fermer les vannes des Mirage – dont d’ailleurs aucun modèle correspondant aux demandes israéliennes d’un appareil d’attaque lourd polyvalent n’était alors disponible – pour des raisons de haute politique.

Les Américains bien ennuyés de devoir dans le contexte de la Guerre froide ménager à la fois la chèvre arabe et le chou israélien commencèrent donc avec réticence à dispenser directement à Tel Aviv leurs avions derniers cris afin de combler le vide laissé par l’embargo français. Après le A-4 Skyhawk d’attaque léger, le pas le plus significatif fut franchi avec le F-4 Phantom II, qui sous le nom de « Kurnass » (marteau) se révéla certes un excellent appareil d’attaque lourd (ce pourquoi il avait été acheté) mais également un appareil de chasse particulièrement efficace et au final une révolution tant technologique que tactique pour l’aviation isréalienne. La Heyl Ha’Avir (son petit nom hébreu) se dotait en effet dans le contexte tendu du tournant des années 70 et de la « Guerre d’usure » de sa première véritable plate-forme aérienne de combat polyvalente.

Bien lui en avait pris car en octobre 1973 éclatait la guerre du Kippour. Si la partie fut pour Israël infiniment plus difficile que prévu, on se demande ce qu’elle aurait été sans ses précieux Kurnass qui payèrent un lourd tribut à leurs adversaires, et tout particulièrement au véritable mur de SAM monté par les Soviétiques mais remportèrent également d’éclatants succès, notamment en combat aérien. La fin des années 70 et le début des années 80 marquera leur progressive éclipse au profit du F-15 et du F-16.

Bref, voilà 100 pages entièrement consacrées à la carrière de combat des F-4 sous cocarde israélienne de 1969 à 1982, jusque dans le moindre détail de chaque mission et de chaque engagement via notamment de nombreux témoignages directs particulièrement vivants. C’est signé Shlomo Aloni spécialiste de l’aviation israélienne qu’on ne présente plus aux passionnés du genre; c’est modestement traduit par mes soins attentifs; c’est comme il se doit abondamment illustré et brillamment mis en scène par l’équipe de Caraktère, c’est le nouvel Aérojournal Hors-série n°11 et c’est actuellement en kiosque !

Avis aux amateurs !

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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2 commentaires pour L’espèce des Kurnass !

  1. glider44 dit :

    Bonjour,

    Bravo pour cette traduction et cette publlcation sur un thème qui sort des sentiers battus !
    J’ai littéralement dévoré ce HS consacré aux opérations sur F-4 Kurnass. Outre l’aspect technique lié aux spécificités de l’appareil en question par rapport à ses homologues américains, j’ai vraiment apprécié le côté opérationnel de chaque mission (chasse ou bombardement). Tout est décrit avec précision (unités, appareils et pilotes engagés, cibles, autres unités engagées lors des missions…) Les schémas de vol apportent une visibilité supplémentaire au texte. Comme je suis joueur de wargames, j’ai tout de suite fait le parallèle avec le jeu Elusive Victory de GMT Games qui traite justement des opérations aériennes lors des guerres israélo-arabes de 1967 à 1973. Cela permet de mieux cerner les scénarios et de leur attribuer les véritables qualificatifs des différentes missions, tels les noms de code par exemple, voire même de développer des scénarios supplémentaires.

    A quand d’autres HS sur les opérations sur Mirage III Shachak et V Nesher ou sur A-4 Ayit ?

  2. Cliophage dit :

    Bonjour et merci de votre commentaire.
    N’étant pas à la base particulièrement au fait de ce dossier et n’ayant guère pratiqué le wargame aérien depuis Air Force il ya trèèèèès longtemps, je vous avoue avoir moi aussi énormément appris en travaillant sur ce texte. C’est riche, dense, précis, vivant de par les nombreux témoignages in situ… Le moins que l’on puisse dire est que Shlomo Aloni maîtrise parfaitement son sujet.
    Quant aux projets comparables éventuellement dans les cartons de Caraktère et du rédac-chef maître Christian-Jacques Ehrengardt (bien connu sous le surnom de CJE… et d’autres que je ne dévoilerai pas ici, étant attaché à mon intégrité physique :p), je n’en sais rien. Comme toujours, c’est le succès de ce numéro qui sera le meilleur gage d’en voir naître d’autres sur des thèmes connexes.

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