Panzer Produktion

Batailles et blindés n°49Petite mise à jour pour signaler la sortie ces derniers jours du Batailles & Blindés n°49 en couverture duquel figure un fort beau et complet dossier consacré aux Tank Destroyers américains, et dans lequel je signe pour ma part un article consacré à … hum… J’ose à peine l’écrire. Allez, je me lance : les Panzer.

En l’espèce, il s’agit de la production de Panzer (d’où mon titre, fort recherché vous en conviendrez – ou pas – de « Panzer Produktion, combien de chars allemands pendant la Seconde guerre mondiale ? ») et son évolution depuis les années trente jusqu’à la fin de la guerre.

Il a longtemps circulé (et il circule encore) des chiffres fantaisistes ou ambigus quant au potentiel blindé réel de l’Armée allemande tout comme il subsiste, parfois très solidement ancré, des images totalement erronées (ou très « german biased ») de questions comme la mécanisation de la Wehrmacht, le « déferlement » de Panzer en 1940, la prétendue « révolution » Speer en matière de production ou encore la qualité et la quantité des chars « fin de guerre ».

Sans tenter ici de réinventer la poudre (beaucoup a été dit et bien dit sur ces questions depuis une ou deux décennies, tant au plan de l’histoire économique que de l’histoire militaire), j’essaie de dresser un tableau quantitatif complet à partir des données d’archives et des études les plus récentes (Harrison, Overy, Tooze…) tout en rappelant quelques idées pas si couramment admises que cela. Ainsi, les Panzer n’ont jamais été aussi faibles et peu nombreux qu’au temps de la « guerre éclair » victorieuse où, pourtant, on les voit partout; ils n’ont à l’inverse jamais été si nombreux mais finalement inutiles au plan stratégique qu’au temps où ils sont censés être les plus gros, les mieux blindés, les plus meurtriers, en un mot, les meilleurs du monde. Dès lors, au delà de l’image quasi mythique qui s’attache aux blindés en général et aux Panzer en particulier dans nos imaginaires de guerre, n’a t-on pas considérablement surévalué la place et l’importance réelle du « phénomène char » dans le déroulement de la Seconde guerre mondiale ?

Je pose juste la question, ne vous fâchez pas.

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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9 commentaires pour Panzer Produktion

  1. lannes dit :

    Bonjour

    Personnellement oui je trouve que les chars ont une place importante dans la WW2, principalement durant la première partie ou l’infanterie ne possède pas d’armes anti-chars en nombre et vraiment efficace (bazooka, panzerfaust, PIAT et autres).
    Il y a des théatres d’opérations comme la Russie ou l’Afrique du Nord ou les blindés ont joué un rôle majeur aussi, en avril 45 les soviétiques avaient plus de chars à perdre que de fantassins d’où un emploi inapproprié d’ailleurs des blindés en milieu urbain.

  2. Cliophage dit :

    Bonjour.
    Bien sûr, le char est important, vous avez raison; la question posée était volontairement un peu provocatrice et même rhétorique. C’est d’ailleurs enfoncer une porte ouverte que de dire que le char n’a d’utilité qu’en s’inscrivant dans un substrat interarmes dont il est un rouage, souvent un rouage décisif. Mais ce qui est intéressant (je trouve) c’est le décalage entre le caractère absolument central du blindé dans l’imaginaire de la 2e guerre mondiale, particulièrement les « lourds » et tout particulièrement les « gros panzer », et le fait que l’excellence technique, la puissance et même le nombre de ces engins ont été inversement proportionnels au rôle qu’ils ont joué au plan stratégique, c’est à dire comme facteur de décision dans le conflit.

  3. Bir-Hacheim dit :

    Un article bien intéressant que j’ai apprécié ! 😉

  4. Bon article, en effet, dont j’ai fait la recension sur mon blog comme tout le numéro.
    Sur la question de la place du char, je devrais lire un peu plus pour répondre correctement…

  5. Cliophage dit :

    Merci. Et désolé de n’avoir pas mentionné la très intéressante étude de la bataille de Lauban (dont j’ignorais tout d’ailleurs) que vous signâtes dans le même numéro. 😉
    Concernant la question de la place du char, c’est une sorte de clin d’oeil à l’omniprésence obsédante du blindage comme facteur décisif dans l’analyse d’un conflit infiniment complexe et multiforme; un petit pied de nez innocent aux sempiternelles questions strictement matérielles posées depuis 45 au détriment des grandes lignes de forces géostratégiques – maîtrise des communications, des ressources, démographie, profondeur stratégique etc… Et si les Allemands avaient construit plus de chars ? Et s’ils avaient pu sortir à temps un Schweresturmjagdpanzer VIII ausf. K de 200 tonnes à canon de 280 ? Qu’est ce que ça aurait changé ?

  6. Et encore que, mon traitement de Lauban est rapide et mériterait quelque chose de plus conséquent. Mais pour une première approche, c’est déjà pas mal.
    Je comprends mieux la question posée, alors, au vu de ce que vous dites (lol).

    Cordialement.

  7. Guillaume dit :

    Article très intéressant, content de pouvoir échanger avec son auteur ! Il y a me semble-t-il une petite coquille : le Panther est indiqué comme ayant un coût de production de RM 117,000. Le coût rapporté en dollars ou en euros semble bon.

    Je ne sais pas si cette donnée est disponible pour tous les blindés présentés, mais le nombre d’ouvriers et le temps de production de ces Panzer seraient des informations très intéressantes.

    Par rapport à l’article et à ses conclusions, il ne faut pas oublier que les Panzerschützen auront toujours du mal à se procurer pièces de rechange et munitions, elles aussi dépendantes des usines allemandes. Si la production de char est soutenue et en progression dans les dernières années de la guerre, elle s’est peut-être faite au détriment d’autres secteurs.

    Je cherche d’ailleurs un ouvrage (en langue anglaise ou idéalement en français) consacré à cette thématique.

    • Cliophage dit :

      Bonjour, bienvenue, et merci.
      En français rien à ma connaissance ne couvre exactement le sujet. En Anglais non plus d’ailleurs, mais on trouve de nombreux éléments notamment dans la bibliographie de Richard Overy qui a beaucoup travaillé entre autres sur l’économie de guerre allemande. Plus récent, voire également le « wages of destruction » d’Adam Tooze.

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