La guerre du Pacifique (Nicolas Bernard), bis repetita placent

guerre-du-pacifiqueCoupable retard pour signaler la parution il y a quelques mois de La guerre du Pacifique de Nicolas Bernard aux éditions Tallandier. L’auteur de la remarquable synthèse consacrée à la guerre germano-soviétique réédite l’exercice dans une forme (et un succès) comparables, ici pour évoquer la… Guerre du Pacifique.

Celle-ci souffre encore aujourd’hui d’une vision partielle et biaisée malgré quelques ouvrages de qualité parus ces dernières décennies en Français, à l’image des deux volumes (désormais un peu datés il est vrai) de John Costello. A cet égard, le titre retenu pour d’évidentes raisons ne fait pas à notre sens tout à fait justice à une vision modernisée de ce conflit dans sa globalité que la dénomination japonaise de « Grande guerre d’Asie orientale » embrasse sans doute mieux que le « traçage » traditionnel hérité de 1945 et articulant les événements asiatiques comme autant de prolégomènes ou d’extensions annexes du grand « duel » nippo-américain dans le Pacifique.

Au delà de ce petit constat, l’ouvrage est une véritable réussite présentant une véritable tentative d’approche « globale » d’un conflit d’une immense complexité (cf notamment le chapitre « guerre Sainte, guerre raciale » ou les développement concernant la question coloniale), s’appuyant sur les qualités d’érudition, d’analyse fine et de style qui avaient fait le succès mérité de l’opus précédent. La forme de récit est haletante, le style à la fois simple, souple et agréable, tout en s’appuyant sur un (sur)abondant et précis appareil critique et bibliographique de près de 150 pages. On ne se perd pas ici en revanche dans la lourdeur techniques des opérations militaires ou le détail de chiffres trop précis que d’autres ouvrages spécialisés « creuseront » à l’envie, mais on ne laisse de côté aucune dimension différenciant l’authentique synthèse historique de la somme ciblée. L’auteur nous emmène alternativement au ras du sol et au plus haut des cercles de pouvoir et des confins de la Birmanie ou de la Chine aux « classiques » jalons de la reconquête du Pacifique tout en n’hésitant pas à prendre position et à trancher nettement dans les débats les plus vifs, ainsi pour la question de l’usage de la bombe atomique remise en perspective de l’utilisation d’une « simple » arme nouvelle : Pourquoi l’ont-ils utilisée ? « Parce que, techniquement, ils le pouvaient ».

Voilà donc un ouvrage présentant cette qualité fort rare d’être tout à la fois accessible à un vaste lectorat et un outil de travail et de référence précieux pour l’historien. (Encore) un incontournable, peut-être – ampleur et complexité du sujet obligent – un peu moins singulier et « définitif » que le précédent – mais sans aucun doute la meilleure synthèse en Français à ce jour.

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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