Citation du jour : La guerre ? Simple comme un coup de fil…

Grant-1863« L’art de la guerre est assez simple. Trouvez où est votre ennemi. Rejoignez le aussi vite que possible. Frappez le aussi fort et aussi souvent que vous le pouvez, et poursuivez votre route. »

Ulysses S. Grant

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L’été sous le signe du Front de l’Est et de Armée rouge

LDFHS25_zpst2riwukuUn peu tardivement (c’est une tradition locale), je signale la présence en kiosque actuellement de deux vénérables mais toujours très verts magazines des éditions Caraktère auxquels j’ai contribué cet été, et qui mettent tout particulièrement en valeur le front de l’Est 1941-1945.

Tout d’abord le 25e numéro hors-série de Ligne de Front, intitulé Guide de l’Armée rouge, que j’ai eu le plaisir de rédiger intégralement et qui tente en une centaine de pages et une douzaine de petits chapitres de dresser un portrait global et synthétique des forces soviétiques de la 2e guerre mondiale, leur organisation, matériels et d’une façon générale leurs principaux traits spécifiques.

bb68-grandePar ailleurs, rendez-vous dans le numéro 68 de Batailles & Blindés pour un focus sur les affrontements de Ponyri en juillet 1943. Ponyri ? Késako ? Il s’agit  tout simplement du point d’orgue des affrontements sur la flanc nord de la grande offensive de Koursk, où la 9e armée allemande de Model se trouve incapable de percer malgré une semaine de combats acharnées, du fait de la résistance acharnée de la 13e armée soviétique du général Pukhov. Un épisode beaucoup moins célèbre que le fameux engagement blindé de Prokhorovka et qui pourtant joue un rôle majeur dans l’échec de l’offensive d’été allemande, jusqu’à être parfois qualifié de « Stalingrad de Koursk« .

A noter également dans ce numéro décidément très « Ostfront » la 2e partie d’une étude sur la bataille de Moscou, mais aussi un article consacré à la brigade tchécoslovaque sur le front Ouest, un autre sur l’engagement de Singling (surnommé de façon évocatrice le « nid de guèpes »), ou encore un focus sur les matériels modernes de la Bundeswehr.

LDF43.indbPar ailleurs, je signale, toujours dans le cadre des nombreuses études actuelles sur l’Ostfront, que le numéro 57 de Ligne de Front (je n’y ai cette fois pas contribué) vient de sortir également. Avec un dossier de couverture consacré à la bataille du Dniepr et une intéressante mise au point d’Alexandre Thers consacrée au vieux débat – que l’on pensait clos – autout du fameux mythe du « brise-glace », à savoir le prétendu projet de Staline de prendre le Reich de vitesse en attaquant en 1941.

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« Black confederates » : des noirs dans les armées sudistes pendant la guerre de Sécession ?

Photo emblématique des

Photo emblématique des « Confédérés noirs… »

Petite remise en jambe d’été avec une question dont je constate depuis plusieurs mois l’étonnante récurrence dès qu’il est question de guerre de Sécession et d’esclavage : le mythe des soldats confédérés noirs, brandi par certains comme une preuve que la lutte des états sécessionnistes n’était décidément pas tant en lien avec l’esclavage qu’avec le patriotisme et le droit des états puisque, « comprenez vous », les noirs eux-mêmes étaient solidaires de la « cause ».

Disons le tout net, les causes et les racines de la Guerre de sécession sont assez complexes comme ça, et il s’agit ici d’un mythe qui, comme la plupart des mythes, hypertrophie néanmoins un soupçon de réalité pour mieux coller à une interprétation fortement biaisée de la guerre civile américaine. Ce mythe des « Confederate Blacks » a toutefois le mérite d’interroger sur une vraie question riche et complexe, celle de l’implication des noirs, volontaires ou contraints, dans l’effort de guerre confédéré ainsi que leur intégration dans la société sudiste, question que les simplifications outrancières et caricaturales de ces dernières années tendent à gommer comme en témoigne « l’hystérie » atteinte parfois ces dernières semaines aux Etats-Unis par la campagne anti « symboles sudistes » ayant suivi la tragédie  de Charleston.

... et sa version d'origine non truquée. Sans commentaire. L'unité a cependant bien existé sous commandement sudiste, une exception.

… et sa version d’origine non truquée, en compagnie de leur officier aussi incontestablement blanc que « yankee »

Qui sont donc ces « Black confederates » dont quelques bribes de témoignages décontextualisés et surexploités ou quelques cas aussi rares qu’emblématiques tentent de donner l’illusion d’un phénomène de masse ? Résumons donc rapidement la question : les Afro-américains combattant les armes à la main dans les rangs de la confédération constituent, dans le meilleur des cas, une minuscule poignée d’individus et ce dans des contextes singuliers; quelques rarissimes noirs « libres » (ils sont 250000 au Sud en 1860 pour 4 millions d’esclaves), socialement intégrés et parfois possesseurs d’esclaves eux-mêmes (aspects complexes et méconnus de la société sudiste) qui ont pu localement se comporter solidairement de leur communauté d’appartenance, tout comme certains esclaves montreront une fidélité « familiale » indéniable envers leurs maîtres. Au delà, et à l’inverse des 175 régiments et des 185000 noirs ayant combattu dans les armées nordistes (en grande majorité des anciens esclaves libérés ou en fuite puisque le Nord ne compte lui non plus en 1860 pas plus de 250000 noirs libres) les seules unités noires sudistes constituées font très pâle figure et apparaissent dans des contextes très précis et particuliers :

  • Le 1st Louisiana Native Guards, un régiment de milice composé par des membres de la communauté noire libre installée à la Nouvelle Orléans parfois depuis le début du XVIIIe siècle, se porte volontaire en 1861. Les autorités l’acceptent avec réticence et il fera pendant un an un service de représentation. L’armée confédérée refuse cependant de l’utiliser au front. Lorsque les Nordistes prennent la ville, l’unité change de camp et offre ses services au général Butler, d’abord tout aussi réticent à un emploi au feu. En 1863, le régiment, rejoint par deux autres, intègre les United States Colored Troops et fera campagne dans l’Ouest.
  • Deux compagnies noires sont levées en mars 1865 par le gouverneur de Virginie à Richmond alors même que la Confédération agonise. Elles sont le seul fruit d’une législation confédérée ambigue et tardive prévoyant d’armer 300000 esclaves pour compenser le déficit numérique de ses armées. Passé de justesse grâce au poids « moral » du général Lee mais violemment combattu par nombre de Sudistes, ce texte n’aura pas d’autres suites, faute de volonté et de temps. Les deux compagnies noires dont l’existence ne dépasse pas quelques jours ne verront d’ailleurs jamais le feu.
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Marlboro Jones, icone des « black confederates » qui auraient pris fait et cause pour le Sud. En réalité, le domestique en campagne de son maître, Randal Jones, officier du 7e de cavalerie georgien.

Et… c’est à peu près tout. Qui sont alors les « dizaines de milliers de sudistes noirs » ayant prétendument servi dans les armées confédérées, antienne répétée à l’envi par une certaine littérature ? Ces invisibles sont des esclaves, dans leur immense majorité, « privés » ou « publics » : ceux ayant accompagné leurs maitres au camp comme serviteurs d’abord, comme c’est par exemple le cas de Robert E. Lee, accompagné par au moins deux esclaves (affranchis en 1862-63) d’Arlington, ainsi que son fils, conseiller de la présidence à Richmond, et ayant pour ordonnance le jeune Billy Taylor, lui aussi d’Arlington. Ceux ensuite, ayant été réquisitionnés, achetés ou loués par l’administration  pour accomplir diverses tâches au service de l’armée, comme la construction de baraquements, de retranchements, le transport des vivres ou l’entretien des voies ferrées. Beaucoup, dès qu’ils en auront l’occasion, gagneront les lignes nordistes, d’abord comme « contrebandes », puis comme auxiliaires des armées du Nord, à des tâches guère plus gratifiantes au demeurant que pour leurs anciens maîtres. Un grand nombre s’engagera dans les régiments de l’USCT.

Et je m’arrêterai là pour aujourd’hui. Pour avancer un peu sur cette question, on pourra commencer par se reporter à la page consacrée au sujet par l’excellente Encyclopedia Virginia ou en français cette non moins excellente mise au point sourcée du CCFF

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Les Poilus du Sud-Ouest à six mains (ou à trois bouches)

poilus allemaneFaute d’autre mise à jour par manque de temps ces dernières semaines, je profite de quelques instants de répit dominical pour mettre, un peu tardivement, en ligne le lien d’un podcast de la petite conférence-présentation faite à la librairie Mollat le 20 mars 2015 et consacrée aux Poilus du Sud-Ouest, avec la complicité de Josette Perromat et Didier Allemane, présentant quant à eux le Journal d’un mobilisé d’Auguste Allemane.

On me pardonnera les petites sorties de pistes dues à l’enthousiasme d’un échange spontané (Et notamment, oui, je sais : les Basses – Pyrénées). Les extraits du journal lus par Didier Allemane valent en revanche vraiment la peine d’être écoutés. Dommage enfin qu’il y manque les nombreux échanges avec le public qui ont suivi la présentation, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir.

Podcast Mollat, Josette Allemane-Perromat, Didier Allemane et Vincent Bernard, 20 mars 2015

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Avoir le choix dans la date : 7, 8 ou 9 mai 1945, la promesse est tenue #VEDay

British_Commonwealth_and_allies

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ANNONCE : Qui es-tu Kim ? Ma nouvelle biographie à paraître

KimElle vient d’arriver, toute chaude et soyeuse, la couverture de ma prochaine biographie à paraitre aux éditions Perein. Pour l’occasion, j’ai brièvement et provisoirement choisi de laisser de côté mes périodes fétiches et la médiocrité consternante de personnalités historiques surestimées pour me consacrer à scruter l’âme du plus grand homme du millénaire naissant, unanimement reconnu comme le plus grand génie du monde contemporain et de sa proche banlieue.

Qui es-tu Kim ? Heurts et malheurs d’une vie d’abnégation et de sacrifice juché au sommet de l’histoire au service du Juche. En exclusivité pour les lecteurs du Cliophage.

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Le conflit le plus meutrier de l’histoire américaine ? Plus encore qu’on ne le pensait…

civil-war-soldiersL’estimation des pertes humaines de la Guerre de Sécession (1861-1865) a bien évidemment fait l’objet de nombreuses interrogations dès la fin du conflit.

Si le chiffre des victimes civiles, d’ailleurs très inférieur à celui de militaires comme lors de tous les grands conflits jusqu’à la Grande guerre, n’a jamais pu être vraiment déterminé, celui des morts militaires de l’Union est depuis les années d’après guerre précisément connu à partir de l’étude minutieuse d’abondantes archives.

Il s’établit précisément à 360222 morts en 4 ans, dont environ un tiers au combat, deux-tiers de maladie. Côté Confédéré, si quantité d’archives ont été préservées et publiées elles-aussi dès les années 1880-90 – dont des rapports d’opérations et des états de situation ponctuels très complets – d’autres ont irrémédiablement disparu. On ignore dès lors des chiffres clefs comme le nombre total de soldats enrolés sous l’uniforme gris (estimé en moyenne entre 900 000 et 1 million, contre environ 2,1 millions sous l’uniforme bleu) ou le bilan global des pertes confédérées.

GettysburgEn revanche, on savait assez précisément depuis une étude minutieuse de William F. Fox  en 1889 (Regimental Losses in the civil War) le chiffre des pertes au combat, en compilant les rapports de situation : 94000 tués. En extrapolant la proportion de morts de maladie connue dans le camp nordiste, les historiens s’étaient donc accordés faute de mieux à une estimation de 260000 morts sudistes. 360000 + 260000 = 620000. Voilà le bilan de la guerre de Sécession tel que repris par tous les historiens pendant plus d’un siècle.

Or, il apparaît depuis une étude d’un historien démographe universitaire new yorkais, J. David Hacker en 2012, que ce bilan aurait été sous estimé dans une proportion difficilement quantifiable mais sans doute de l’ordre de 20%. Examinant minutieusement les données de recensement aujourd’hui numérisées et donc beaucoup plus facilement exploitables, et en se basant sur un certain nombre de facteurs telle la surmortalité par maladie des ruraux – très majoritaires dans les armées du Sud – Hacker en arrive à la conclusion que le nombre de morts, notamment confédérés, serait beaucoup plus élevé. Au total et selon ses calculs, la Guerre de Sécession aurait en réalité tué entre 650000 et 850000 Américains, soit, en restant au milieu de cette fourchette d’incertitude, 750000, nouvelle estimation aujourd’hui très largement acceptée dans la communauté historienne américaine.

cemeteryVoilà comment d’un chiffre assez précis mais méthodologiquement discutable, on est passé à une réévaluation beaucoup plus scientifique, mais finalement moins précise. En tout état de cause, et outre la découverte en elle-même, le fait n’est pas neutre. « 20% de morts supplémentaires » écrit le professeur Hacker, « c’est au moins 37000 veuves et 90000 orphelins de plus » dans la période cruciale de l’après-guerre. Et dans un conflit déjà entré dans l’histoire comme le plus meurtrier de l’histoire américaine – 2% de la population de 1860 et un quart des hommes blancs du Sud selon l’ancienne estimation, proportion d’autant plus élevée désormais – la perspective à la fois historique et mémorielle est loin d’être anecdotique.

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Nouveaux numéros de 2GM : Occupation à l’Ouest, face à face à l’Est

Ce mois ci je signale la présence simultanée en kiosque de deux beaux numéros du magazine 2e Guerre Mondiale (éditions Mars & Clio) avec lequel j’ai le plaisir de collaborer.

2GMT38_CouvC1Le numéro Thématique 38 déjà disponible depuis quelques jours traite d’un aspect qui, je l’espère trouvera grâce aux yeux des lecteurs se plaignant à l’occasion de la trop grande récurrence de certains sujets jugés « vendeurs ». Il s’agit ici sur 84 pages de brosser un tableau nécessairement un peu rapide mais aussi complet et didactique que possible des différentes dimensions de l’occupation militaire allemande en France entre 1940 et 1945, et de leur évolution dans le temps, jusqu’aux combats de la libération et les fameuses « poches de l’Atlantique » de 1945.

A noter pour vous faire une idée, qu’une recension de ce numéro est disponible sur le blog de Guerres et Conflits.

2GM59_C1Le numéro 59 dont j’ai rédigé le dossier tente quant à lui de faire le point sur le face à face du printemps 1941 entre les deux « superpuissances » militaires du moment : la Wehrmacht, alors en pleine concentration à l’Est en vue de l’opération Barbarossa, et l’Armée rouge (RKKA) elle-même en plein coeur d’une recomposition massive mais disposant d’ores et déjà d’un potentiel que beaucoup ne soupçonnent pas, tant les désastres subis à l’été 1941 ont brouillé son image. A noter que ce numéro, le dernier (collector ?) d’une ancienne formule qui va évoluer à partir du numéro 60, en particulier par le biais de rubriques plus nombreuses et plus variées,  aborde également plusieurs thèmes rarement traités et méritant le détour : la campagne de 1940 vu par le prisme de l’armée belge, ou l’invasion par l’URSS de la Pologne orientale, sujet encore aujourd’hui particulièrement sensible.

Pour ce numéro 59, rendez-vous en kiosque le 8 avril.

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Bordeaux : Des Poilus à la librairie Mollat le 20 mars

SOIREE MOLLAT 20 mars

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Citation du jour : le Tank, ce héros…

Une description du char dont je n’ai pas pu retrouver ni confirmer la source mais que je vous livre tout de même, tant son cynisme a le mérite de remettre quelques réalités simples en place en matière de blindés :

DESERT STORM« Les chars sont des cibles facilement identifiées, facilement engagées et très craintes, attirant tout le feu sur le champ de bataille. Tout bien considéré, un char n’est qu’une petite boite d’acier où l’on entasse des substances explosives et inflammables et qui se transforme facilement en crématorium mobile pour son équipage hautement qualifié ».

Général S. Bidwell

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