Ku Klux Klan

KKKQui ne connait le sordide sigle KKK et la foule d’images associées à la société secrète du suprématisme blanc américain, de la croix enflammée aux tenues blanches caractéristiques en passant par les titres ronflants d’une hiérarchie pseudo-chevaleresque, et, bien sûr, les épouvantables lynchages qui ont pendant des décennies ensanglanté l’histoire de l’Amérique dite « profonde ». Le « Klan », à la fois partout et nulle part, a nourri quantité de fantasmes jusqu’à aujourd’hui. Il suffit de citer une célèbre marque de cigarettes américaine pour constater l’ampleur des légendes urbaines qui tournent autour de ce nom aux « origines… longtemps restées mystérieuses » et donnant lieu « durant des générations aux explications les plus fantaisistes ».

ca. 1965, USA --- Ku Klux Klan Meeting. --- Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

ca. 1965, USA — Ku Klux Klan Meeting. — Image by © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

Ce n’est que le premier mérite de Farid Ameur, spécialiste du XIXe siècle américain qui nous a récemment crédité de plusieurs synthèses remarquées (La guerre de sécession aux PUF, Gettysburg chez Tallandier ou encore Sitting Bull réédité en Texto), que de nous apprendre dès les premières pages de son ouvrage que le nom savamment « marketé » du KKK est dérivé du grec Kuklos (cercle) transformé pour l’entourer du plus grand mystère possible. La performance n’est pas mince de nous offrir en un format aussi ramassé d’à peine plus de 200 pages un récit de référence aussi clair, précis et équilibré – sans se perdre ni dans le détail ni dans le pathos simplificateur – de l’histoire complexe et agitée du Klan et de son organisation. L’histoire « des Klan » en réalité, depuis celui d’origine, éphémère, fondé par un groupe de sudistes au lendemain de la Guerre de sécession pour terroriser les Noirs récemment affranchis et contrer la « reconstruction », jusqu’à la marque réapparue au XXe siècle et reflétant les aléas d’une histoire américaine agitée, laissant aujourd’hui encore, malgré un profond déclin et un violent discrédit auprès de l’immense majorité de la population, « l’Empire invisible » comme fer de lance symbolique de l’ultra droite puritaine et raciste.

Ameur (F), Le Ku Klux Klan, Pluriel, 2016

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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