Normandie, Biélorussie, libération de Paris… le chaud été 1944 vu par le magazine 2e Guerre mondiale (n°55)

2GM55Avec un petit retard estival, voici la présentation du numéro 55 du magazine 2e Guerre mondiale des éditions Mars & Clio toujours en kiosques et dont j’ai rédigé le dossier central : « Normandie 1944, quand les Panzer contre-attaquent (ou qu’ils essaient) ». Celui-ci est, a t-on fait remarquer, un peu redondant avec le précédent hors-série du magazine. Il est vrai que les thèmes se chevauchent partiellement. On peut y voir aussi un complément ou un approfondissement de la question spécifique de l’emploi des Panzer. Chacun jugera. Quoi qu’il en soit, on notera l’inefficacité voire la paralysie de l’arme comme outil contre-offensif destiné à repousser le débarquement allié, et ce en dépit d’une très forte concentration de moyens proportionnellement à l’ensemble des troupes engagées dans la bataille. A cette inefficacité, on associe classiquement et justement les conceptions divergentes des généraux allemands (Rommel et Von Rundstedt en tête). On met également en avant les carences diverses surtout la domination aérienne alliée comme facteur clef de la paralysie offensive de la Panzerwaffe.

Invasion-Benoit-RondeauOn oublie ou on néglige parfois un autre facteur d’apparence paradoxal : la forte proportion de Panzer dans le dispositif allemand engagé en Normandie (jusqu’à un millier d’engins sur un front somme toute étroit comparé aux immenses étendues de l’Est) qui peut apparaître à certains égards comme un handicap voire un « piège » opérationnel. Faute de formations d’infanterie « classiques » assez solides et en assez grand nombre pour tenir le front défensivement, les formations de Panzer sont en effet engagées en détail sur de larges fronts (en particulier devant Caen) et s’y trouvent littéralement engluées et « consommées », incapables de se dégager pour constituer une masse de manoeuvre capable de jouer un rôle décisif dans la bataille. Pour illustrer le phénomène, le dossier présente notamment le témoignage d’un cadre du Ier corps blindé SS décrivant les conditions difficiles de la montée au front début juin (où l’on mesure s’il était besoin, et il est parfois, l’énorme différence entre déplacer des unités sur une carte et les mouvoir sur le terrain)  ainsi qu’une brève analyse de la contre-attaque tardive anémique et avortée de Mortain en août.

Bagration LopezLes autres articles de ce 55e numéro viennent compléter cette approche large des principaux théâtres d’opération européens au cours de l’été 1944. (Notons que l’Italie ou encore le Pacifique vivent aussi des heures décisives à cette époque, mais on ne peut être partout en même temps)

Bagration, la destruction du groupe d’armées Centre, un article forcément très synthétique, pagination oblige, mais comme toujours très propre et constituant une excellente introduction au sujet et, au-delà du descriptif, à ses problématiques* (Stéphane Mantoux)

Libé ParisParis libéré, la libération et ses enjeux, remettant notamment et très utilement les scènes de liesse populaires associées à l’événement dans nos imaginaires en perspective avec les âpres négociations de coulisses entre alliés  (Franck Segretain). L’étude est utilement complétée d’une fiche personnage consacrée au général von Choltitz (Benoît Rondeau, auteur d’un récent et remarqué invasion, le débarquement vu par les Allemands chez Tallandier, bel ouvrage permettant de revisiter de façon beaucoup plus objective, moderne et en un mot historique le vieux succès de Carrell Sie Kommen). On en profitera également pour rappeler la parution l’an dernier de l’ouvrage de Jean-François Murraciole consacré à la libération de Paris, là encore, chez Tallandier.

Outre enfin les différentes rubriques réparties dans tout le magazine et présentant leur intérêt propre, on trouvera une jolie étude « matérielle » comparant l’AK-47 et son devancier Sturmgewehr 44 allemand. Bien au delà d’une simple comparaison technique pour amateurs d’armes, il s’agit là d’une étude creusée sur la genèse et le degré de « filiation » réel ou supposé entre les deux armes. Original et intéressant. (Stéphane Mantoux)

Un numéro qui tend je crois à montrer la belle reprise en main du titre par les éditions Mars & Clio et le retour au rythme de croisière qui, mine de rien, a permis de consacrer la pérennité du titre depuis une décennie maintenant ! Soulignons ce fait qui n’est pas une mince réussite, fut-elle secouée de hauts et de bas.

* On songera en Français à l’ouvrage récent de Jean Lopez consacré à cette phase de la guerre à l’Est. Au titre des ouvrages « intermédiaires », à noter que j’y avais consacré moi-même un hors-série dans ce même magazine il y a quelques années. 

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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