Lee : Un général ? Des généraux ! (des tas, et une voiture)

Lee d'après Vannerson, 1864Le général Lee. Bien sûr, pour quelques-uns, ce nom évoque seulement une voiture orange. Mais c’est plutôt rare et pour toute personne raisonnablement cultivée toutefois, lectrice ou non des bandes dessinées de Lambil et Cauvin, c’est d’abord un général américain, un sudiste, une tunique grise; le « chef des esclavagistes » ai-je entendu un jour en guise de … synthèse. Pour un amateur d’histoire militaire, Lee est d’abord le commandant de la plus importante et de loin la plus efficace force confédérée de la guerre de Sécession, la fameuse Armée de Virginie septentrionale, l’un des plus brillants de la guerre et aujourd’hui encore, une figure majeure, parfois controversée mais généralement très admirée de l’histoire américaine.

Or, phénomène amusant, s’intéresser de près à ce conflit comme c’est mon cas depuis plus de 20 ans et plus particulièrement depuis que j’ai entamé – et aujourd’hui presque achevé – la rédaction d’une biographie consacrée à Robert Lee, amène immanquablement à voir se multiplier le patronyme dans des proportions parfois assez étourdissantes. En se limitant strictement aux seuls officiers généraux confédérés, on croise en effet aisément la route de cinq homonymes de l’icône sudiste. Quatre lui sont apparentés dont trois sont membres de sa proche famille. Je ne résiste donc pas, sous forme d’un rapide petit billet sans aucune prétention analytique, à la tentation de l’anecdote et d’un tableau de famille très partiel et … général. 

Robert LeeGénéral Robert Edward Lee (1807-1870), pater familias, dit successivement ou alternativement « l’homme de marbre », « cousin Robbie », le « maître d’Arlington », « grand-maman Lee », « le roi de pique », « Bobby Lee », le « Renard gris » ou encore « Marse Robert »… Ce fils d’un célèbre cavalier et héros déchu de la guerre d’indépendance est sorti second de West Point en 1829, officier du génie et capitaine d’état-major très remarqué au Mexique (1846-48), directeur de son alma mater dans les années 1850, colonel de cavalerie au Texas et pour l’essentiel commandant l’armée de Virginie du Nord pendant la guerre de Sécession.

GWCLeeGénéral George Washington Custis Lee (1832-1913), dit Custis, dit Boo, son fils aîné  lui aussi brillant diplômé de West Point (1er de la promotion 1854), lieutenant du génie en 1861, colonel puis général confédéré conseiller militaire de Jefferson Davis à Richmond pendant presque toute la guerre. Réputé pour sa grande intelligence, sa timidité pathologique et son éternel célibat. « Le gentleman parfait » pensent certains, image vivante mais éclipsée d’un père quasi déifié.

rooney_lee

Général William Henry Fitzhugh Lee (1837-1891), dit Fitzugh mais surtout pour éviter la confusion avec son cousin, Rooney, deuxième des trois fils de Robert Lee, sorti d’Harvard par la petite porte, brièvement lieutenant démissionnaire de l’US Army en 1859, engagé dans la cavalerie grise en 1861; général de brigade blessé puis capturé avant Gettysburg avant d’être échangé et de reprendre du service en 1864-65; sa vie privée surtout est digne d’une tragédie.

Fitzhugh LeeGénéral Fitzhugh Lee (1835-1905), dit Fitz, neveu du « grand homme » par son père Sidney Smith Lee (dit Rose – ne demandez pas) et après son oncle, sans doute le plus célèbre des Lee : général de cavalerie dans l’armée de Virginie du Nord, bras droit puis remplaçant de JEB Stuart. Il sera un jour l’un des deux seuls anciens généraux confédérés à reprendre un commandement dans l’armée nationale (lors de la guerre de 1898)

20090402-Edwin G. Lee

Général Edwin Gray Lee (1836-1870), dit Ned, le moins connu parmi les généraux Lee et comptant parmi les (très) nombreux cousins de la famille, servant notamment sous les ordres de Jackson à Manassas et dans la vallée de la Shenandoah, à Antietam puis à Fredericksburg, nommé général de Brigade en 1864.

Stephen D Lee

 Général Stephen Dill Lee (1833-1908), de Caroline du Sud complète le tableau en étant le seul non apparenté à la prolifique famille virginienne. Général de brigade en 1862 et combattant notamment à Sharpsburg (Antietam) sous le commandement de son illustre homonyme, avant de prendre un commandement sur le théâtre d’opération de l’Ouest. Il sera, à 31 ans le plus jeune général de corps d’armée confédéré de la guerre.

General Lee

Enfin, et pour la bonne bouche, il convient de ne pas l’oublier : Voici donc General LeeDodge Charger mle 1969 aux portières soudées de Bo et Luke Duke dans la série télévisée connue dans le monde francophone sous l’impérissable nom de « Shérif fais moi peur. »

Publicités

A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
Cet article, publié dans Histoire, Histoire militaire XIXe, Humeur, Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Lee : Un général ? Des généraux ! (des tas, et une voiture)

  1. Intéressant billet ! A noter également que Lee fut le nom donné à un célèbre char léger américain durant la Seconde Guerre mondiale. 🙂

  2. Pas mal du tout Vincent.
    Il est vrai que Robert éclipse souvent les autres Lee (!).

    Par contre Nicolas, je classerai plutôt le M3 Lee/Grant (selon le pays anglo-saxon… intéressant d’ailleurs) dans les chars moyens, non ?

    ++

  3. Cliophage dit :

    Bon ça suffit le ww2 bias tous les deux 🙂

    Oui le M3 Lee/Grant est un char moyen (Lee/Grant fonction de la tourelle modifiée ou pas, mais les deux désignations sont – sauf erreur de ma part – d’origine exclusivement britannique) .
    Les Américains ont la fâcheuse manie de l’ordre et un « M1 » peut aussi bien désigner un modèle de fourchette de campagne ou de duvet réglementaire qu’un casque, un canon, ou chacune des catégorie d’engins blindés. Les Anglais avaient eux la manie des surnoms rigolos et donc en guise d’hommage ils ont affublé les engins prêt-bail made in usa des noms des principaux généraux de la guerre de Sécession. Le M3 « medium tank » Lee/Grant est donc le modèle qui précéde le M4 (dit « Sherman ») et le M3 léger, « light Tank », tout comme son successeur le M5, c’est le « Stuart ». On trouve aussi le GMC (Gun Motor Carriage) ou TD (Tank Destroyer) M36 en tant que « Jackson » et il me semble qu’il traîne aussi un Sheridan à cette époque quelque part avant le moderne M551 des Marines. .

    Custer en revanche, je ne vois pas 😉

    Et merci à tous les deux pour les commentaires 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s