Un souvenir de Solférino, Henri Dunant, 1862

Des méandres de l’histoire émergent ça et là quelques individus dont l’œuvre invite à ne pas désespérer de la capacité de l’Homme à s’indigner efficacement de ses propres turpitudes.

Au XIXe siècle, Florence Nightingale ou Henri Dunant sont de ceux là. Il y a exactement cent cinquante ans, en 1862, ce dernier publiait son célèbre « souvenir de Solférino ». Témoin en 1859 des résultats de la bataille remportée par les Franco-Piémontais contre l’armée autrichienne autour d’une petite bourgade lombarde – et dont une représentation magnifiée orne d’ailleurs ce blog – ce citoyen genevois était resté hanté par la vision des blessés laissés sans soins faute pour les nations et les armées de l’époque de considérer leur secours comme une priorité. Trois ans plus tard, Dunant posait dans son ouvrage rien moins que les bases de sociétés de secours aux blessés mais aussi d’un véritable droit de la guerre. Traduit dans le monde entier, le « souvenir de Solférino » atteindra son but. En 1864 étaient signés les premiers accords de Genève tandis que naitrait bientôt le Comité International de La Croix Rouge.

Près d’un siècle et demi d’action incessante du CICR à travers le monde pour soulager les souffrances des victimes de guerre, et plus encore; parce qu’un jour de juin 1859, un jeune suisse à peine trentenaire en voyage d’affaire en Italie vit de ses yeux la tragique et indicible réalité humaine d’un lendemain de bataille et en resta suffisamment marqué pour en faire le combat de sa vie.

Ceci vaut bien, de temps à autre, une petite piqûre de rappel.

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A propos Cliophage

Historien et Journaliste; Spécialiste d'histoire militaire contemporaine (XIXe - XXe siècle), défense & plus si affinités
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2 commentaires pour Un souvenir de Solférino, Henri Dunant, 1862

  1. Cliophage dit :

    Henri ou Henry ? En réponse à cette question que personne ne m’a posée, je me fends d’une petite précision utile : les deux (Mon général, selon la formule consacrée).

    Né et dûment enregistré comme Jean-Henri Dunant à l’état-civil de Genêve en 1828, le futur fondateur du CICR prit rapidement pour habitude d’user du seul prénom Henri. Mais c’est vers 1854 semble t-il que, découvrant une ou plusieurs homonymies dans sa propre ville il décida de substituer au « i » final un « y » garantissant sa singularité patronymique.

    Ses écrits et sa correspondance montrent qu’il usa au cours de sa vie des différentes formes en fonction des circonstances mais c’est sous le nom d’Henry Dunant, d’usage quasi exclusif au cours de la seconde partie de sa vie, qu’il signa son « souvenir de Solférino ».

  2. lrpj dit :

    Pour un suivi de l’actualité du droit de la guerre, vous pouvez désormais consulter le premier site d’information francophone en droit international humanitaire:
    http://www.larevuedepressejuridique.org

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